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Agde : cinq ans de prison pour le chauffard qui avait tué une octogénaire

Publié le 23/12/2014

Le prévenu avait tué une dame âgée le 10 novembre dernier à Agde (Hérault) et il avait pris la fuite.

 Le prévenu qui est à la barre du tribunal de Béziers a tué involontairement une vieille dame qui traversait la route, le 10 novembre dernier, à Agde. Ce lundi, il a été condamné à cinq ans de prison et placé sous mandat de dépôt. Âgé de 51 ans, l'homme avait été interpellé, le 17 novembre, à l'hôpital d'Agde, et placé en détention provisoire, deux jours plus tard.

Les faits : le 10 novembre, à 18 h à Agde, sur une portion de route située entre deux ronds-points, le mis en cause circule et renverse la victime sur un passage protégé très bien éclairé. Il va la projeter à plus de 14 m du point d'impact. La vieille dame décédera vers 22 h des suites de ses blessures. Un traumatisme crânien, thoracique, abdominal avec trois fractures du bassin, et enfin un traumatisme des membres supérieur et inférieur seront relevés par le médecin légiste.

"J'ai cru que quelqu'un avait frappé ma voiture au niveau du pare-brise"

"Si on se résume, c'est la totalité du corps qui a été atteint, relève le président Christian Combes, chaque traumatisme pouvait, à lui seul, causer la mort de la victime." Dans la salle d'audience, les membres de la famille sont en larme en écoutant cet énoncé. "Un témoin s'est approché de vous pour vous dire que vous aviez renversé une dame. Vous avez continué votre route", poursuit le président. Le prévenu reste impassible au rappel des faits. "En plus, vous rouliez à vive allure avec le chariot coincé sous l'avant droit de votre voiture, il y avait des étincelles", précise le magistrat. "J'ai cru que quelqu'un avait frappé ma voiture au niveau du pare-brise. J'ai pensé aux histoires de clowns quand j'ai entendu le bruit. Jamais je n'ai pensé à autre chose qu'à une agression. J'ai eu peur et j'ai fui", déclare le prévenu. "Pourquoi être parti ?", interroge le président. "J'étais en état de choc. Une panique totale", répond le prévenu.

"J'ai commencé à comprendre le second jour que j'avais peut-être tué quelqu'un"

Le président Combes insiste pour comprendre pourquoi il ne s'est pas arrêté. Il n'aura que des explications fumeuses. Il lui, demande aussi s'il était en état de conduire. Le mis en cause assure que oui.

Deux jours après le drame, l'individu sera quand même interpellé ivre par la police nationale qui relève des outrages. Mais il ne dit rien sur l'accident : "J'ai commencé à comprendre le second jour que j'avais peut-être tué quelqu'un. Je voulais en finir. Au bout de six jours, je ne tenais plus. Je suis allé à l'hôpital pour tout raconter et me livrer à la police."

Me Laurent Libelle, pour la victime, déclare : "Nous avons beaucoup plus pleuré, aujourd'hui, sur le prévenu que sur la vraie victime. L'accident de la circulation est à la portée de chacun de nous. Oui je le concède. Mais quand on reprend son parcours, son problème avec l'alcool, on a plus de chances que d'autres de rencontrer un accident. Ceux que je représente son effondrés. Moi je suis morte. Vous, vous nous parlez de votre perte d'emploi. N'oubliez pas, vous m'avez envoyé dans la tombe. Vous ne vous intéressez qu'à vous. C'est dramatique ! Vous aviez bu et vous avez fui. C'est impardonnable ! Le type qui fait un délit de fuite quitte l'humanité."

Cinq ans de prison

Le vice-procureur Philippe Romanello insiste : "Il a eu le temps de réfléchir. Il n'a pas évolué. Il ne pense qu'à lui. Aujourd'hui, c'est trop tard, il n'y a plus rien à réparer. L'homicide est là. Il ne reste plus que la sanction. Il reste dans l'accusation, le mot involontaire. Ce mot-là, je ne l'aime pas dans votre cas. Vous avez un passé judiciaire d'alcoolique au volant. Quelque temps avant l'accident, il zigzague, précise le vice-procureur. Mais nous ne saurons jamais si c'est vrai. Moi je pense qu'il s'est soustrait à la circonstance aggravante de la conduite sous l'emprise de l'alcool en s'échappant. Dans ce dossier, nous avons deux témoins qui confirment qu'il n'a pas pu ne pas voir. Du coup, je ne crois pas à ses remords, à son cheminement de repentance. Il était rond. Point. Il a laissé mourir cette dame comme un chien. Une victime qui a fait 14 m avant de retomber inanimée au sol. Je ne vous crois pas."

Le vice-procureur requiert cinq ans de prison. Me Gaucelm Desbruères pour la défense : "Il a vécu cet accident comme une agression. Il le dit depuis toujours. Je vais tenter de vous en convaincre. Je pense que c'est une réelle possibilité. Il était sans doute dans une phase de réadaptation par rapport à son sevrage de l'alcool, ce qui lui a fait penser à cette fameuse agression. La vraie faute, c'est sa lâcheté. Il a mis du temps mais il s'est rendu. Cinq années de prison me paraissent disproportionnées."

JEAN-PIERRE AMARGER - Midi Libre

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