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LE CHAUFFARD MIS EN EXAMEN POUR HOMICIDES INVOLONTAIRES

Publié le 12/12/14

Mercredi soir, sur le campus du Moufia à Saint-Denis de la Réunion, six étudiants ont été fauchés par une Citroën C2 avenue Georges-Brassens. Il vient d'être mis en examen pour homicides involontaires.

C'est l'accident de la route le plus meurtrier de l'histoire à la Réunion. Le campus du Moufia à Saint-Denis est en deuil. Six étudiants, âgés de 18 à 20 ans, ont été fauchés par une Citroën C2 à 22 heures dans la nuit de mercredi à jeudi dernier. Cinq d'entre-eux sont décédés, une jeune fille est toujours dans un état critique et hospitalisée. Le conducteur a été immédiatement arrêté par les autorités et placé en garde en vue. Vendredi, les premiers éléments de l'enquête ont été dévoilés par le parquet. La vitesse serait la cause principale de l'accident. Le chauffard, un jeune homme de 20 ans, roulait à 100 km/h dans une portion limitée à 30 lorsqu'il a perdu le contrôle de sa voiture. Étudiant comme les victimes, Bernard a été vendredi après-midi mis en examen pour «homicides involontaires», «blessures involontaires», «conduite sous l'emprise d'un état alcoolique», «vitesse excessive» et «défaut de maîtrise de son véhicule». En effet, le jeune homme accompagné de deux amis avait consommé deux bières et dépassait légèrement les 0,5 grammes d'alcool par litrede sang autorisés. Le chauffard a été placé en détention au centre pénitentiaire de Domenjod, suivant les réquisitions du parquet qui a mis en avant lors d'une audience publique le «grave trouble à l'ordre public» et les «menaces qui pèsent sur le jeune homme».

En effet, la substitut du procureur, Elise Tamil, a déclaré lors d'une conférence de presse qu'«il y a des menaces particulièrement graves de la part des parents de l'une des victimes, qui disent qu'ils n'ont plus rien à perdre. Il faut donc protéger le conducteur». Une position partagée par le juge des libertés et de la détention. Il lui a fallu moins de trente minutes pour prendre sa décision. Il a considéré l'étudiant de 20 ans comme «auteur d'un grave accident de la route» et a voulu s'assurer de sa présence aux convocations du juge d'instruction. «J'ai aussi pris cette décision pour une considération que l'on ne voit pas souvent dans une ordonnance : la notion de le protéger», a dit le juge.

"IL NE S'EST PAS RENDU COMPTE QU'IL AVAIT HEURTÉ DES PIÉTONS"

De son côté, l'avocat de la défense, Me Louis Ropars, avait lui plaidé la remise en liberté en arguant «qu'il n'y a aucun risque de récidive, aucun risque de non-représentation» et que «sa protection sera assurée par ses parents, ses frères et ses sœurs qui vont l'éloigner de son domicile et du lieu de l'accident». La preuve selon Me Ropars ? Le jeune homme a depuis reconnu les faits et a exprimé énormément de regrets. Selon Mme Tamil, «Il a reconnu qu'il roulait à 100km/h dans une portion limitée à 30km/h et avoir apporté des modifications pour augmenter la vitesse de son véhicule». La magistrate ajoute : «Il a perdu le contrôle en amorçant une courbe, heurté le trottoir, des arbres, fauché le groupe de piétons et s'est arrêté 65 mètres plus loin après avoir fait plusieurs vrilles à 180 degrés».

Lors de l'interrogatoire, le chauffeur a même déclaré qu'il ne s'était pas «rendu compte qu'il avait heurté des piétons». Il aurait même «fermé les yeux» en frappant le trottoir. Ce n'est qu'une fois la voiture immobilisée qu'il est descendu avec ses deux amis et qu'il a vu les corps. «Là, il a tenté de leur porter secours», poursuit Elise Tamil. Les secours ont été appelés par un témoin de la scène et un des passagers. Il était déjà trop tard.

Depuis jeudi, les hommages se multiplient à Saint-Denis. Dès les premières heures, une cinquantaine d'étudiants s'étaient rassemblés pour une marche silencieuse du campus du Moufia jusqu'au lieu de l'accident. Le recteur et le président de l'université ont également rendu un hommage solennel en ouverture du conseil d'administration l'après-midi. Une cellule psychologique est ouverte au sein du campus.

PARIS MATCH - ANTHONY VERDOT-BELAVAL AVEC AGENCES

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