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Marche en hommage à Nadège, sa fille tuée par un chauffard récidiviste à Seraing: la colère d'un père brisé

Publié le 27/03/2015

Ce samedi 28 mars, à Liège, se tient une marche en hommage à Nadège Abbate. La jeune fille est décédée après avoir été renversée par un automobiliste sous l’influence de l’alcool. L’homme, récidiviste, a été libéré sous conditions quelques jours à peine après l’accident. La famille de Nadège et ses amis organisent cette manifestation pour dénoncer les crimes de la route impunis.

 

Nadège Abbate, une jeune fille de 23 ans, habitante de Seraing, a été percutée par une voiture le samedi 21 février, alors qu’elle attendait le bus. Elle est décédée sur les lieux de l’accident. Le conducteur, un récidiviste, a été contrôlé positif à l’alcootest. Placé sous mandat d’arrêt par le juge d’instruction, il a finalement été libéré sous conditions deux jours après l’accident. Révoltés, la famille et les amis de Nadège organisent une marche ce samedi pour dénoncer ces crimes de la route impunis. Contacté par téléphone, Santo Abbate, le père de Nadège, est un homme en colère."Il a un couvre-feu, il doit chercher un emploi, il doit se rendre au commissariat une fois par semaine pour rendre des comptes… Mais le reste du temps, personne ne le surveille, qu’est-ce qui me prouve qu’il respecte ces conditions ? Pour moi, c’est un meurtrier ! Il est dans la nature et peut continuer à boire. Il peut prendre la voiture et tuer quelqu’un d’autre. C’est un homme dangereux."Si le chauffard est en liberté, Santo Abbate se sent lui-même en prison: "Je ne peux même plus sortir de chez moi car cela me rappelle trop de souvenirs de ma fille", dit-il.


"Je ferai savoir aux politiciens et aux juges qu'ils ont tué ma famille en laissant le chauffard en liberté"

Santo Abbate en veut évidemment à l’homme qui lui a pris sa fille, mais c’est surtout la justice et les politiciens qu’il pointe du doigt: "Je veux qu’ils comprennent qu’ils sont aussi responsables. Ce sont eux qui laissent des criminels sur nos routes." Le conducteur avait en effet déjà été condamné par le tribunal en 2010, à la suite d’un accident de la route où l’alcool était également en cause, à une peine de travail pour coups et blessures involontaires. "Involontaires ? Non, c’est volontaire, réagit le père de Nadège. Une fois qu’on prend sa voiture en ayant bu ou pris des substances, on est responsable de ce que l’on fait. Ce gars est dangereux… Et je ferai savoir aux politiciens et aux juges qu’ils ont tué ma fille en le laissant en liberté."

Déçu, ce père n’a plus beaucoup d’attentes de la part de la justice et des politiciens. "S’ils voulaient faire quelque chose, ils l’auraient fait depuis longtemps. Je veux qu’ils se rendent compte du malheur qu’ils causent aux gens. Ils détruisent des vies. Aucun homme politique n’est venu me dire qu’il compatissait à ma douleur. Ils ne pensent qu’à une chose, nous taxer et nous enlever nos acquis. Ce sont des gens inhumains, qui n’ont aucune conscience." Deux jours à peine après le décès de Nadège, Santo Abbate a d’ailleurs reçu un courrier qui l’a scandalisé: "On m’a signalé que mes allocations familiales étaient suspendues… Ils sont très forts pour cela. L’Etat devrait plutôt prendre ses responsabilités et s’occuper des honnêtes citoyens et des jeunes qui sont tués sur nos routes chaque jour", se révolte-t-il.


"Je veux me battre pour elle et qu'on lui rende justice"

Pour ce père endeuillé, cette marche du 28 mars, dont le départ est prévu à 11h, Place Saint-Lambert à Liège, n’est que le début d’un long combat. "Je le dois à la mémoire de ma fille car elle m’a toujours dit qu’elle avait confiance en moi. Elle savait que j’aurais tout fait pour elle. Je ne peux pas décevoir Nadège, je veux me battre pour elle et qu’on lui rende justice. Malheureusement, elle ne reviendra plus… Mais je veux qu’on donne une punition plus sévère à ces fous dangereux qu’on laisse sur nos routes." Après un appel à cette manifestation lancé sur Facebook, le papa de Nadège a reçu de nombreux témoignages de familles dans la même situation que la sienne: "Je me sens soutenu. Les gens en ont marre, ils veulent dire stop", dit-il.

 

"On m’a tout pris, je n’ai plus rien à perdre"

A 23 ans, Nadège avait toute la vie devant elle. La jeune fille voulait entreprendre des études en psychologie pour "aider les gens""Elle travaillait bien à l’école, elle avait un avenir, elle voulait faire beaucoup de choses de sa vie. Elle attendait le bus et un juge a mis un tueur sur sa route. Elle n’était pas imprudente et cette route n’est pas dangereuse. Je l’ai déjà prise des milliers de fois. C’est en roulant vite et en ayant consommé de l’alcool qu’on peut monter sur le trottoir, sinon, c’est impossible."

Santo Abbate compte aujourd’hui créer une ASBL à la mémoire de sa fille. "Je veux le faire le plus vite possible parce que les gens sont révoltés et me disent qu’ils ont perdu espoir car la justice ne fait rien." Via cette ASBL, le père de Nadège souhaite éviter que ce genre d’accident n’arrive à d’autres. Plusieurs actions seront d’ailleurs organisées dans ce sens après cette marche du 28 mars."Ma fille est ma raison de vivre et on me l’a enlevée. Je veux que les politiciens sachent qu’ils ont du sang sur les mains. Je me demande comment ils peuvent encore dormir, alors que moi, je ne dors plus la nuit." Le papa est déterminé à changer les choses. "On m’a tout pris, je n’ai plus rien à perdre. Ma fille me disait toujours que je parlais beaucoup mais que je ne faisais rien… Elle avait raison. On est tous responsable de ce qui arrive. Si on ne bouge pas, les politiciens ne feront rien non plus."

RTL INFO

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